FRAU TROFFEA.
FRAU TROFFEA.

FRAU TROFFEA

Samuel Mathieu - Cie Samuel Mathieu

Seconde partie de soirée - Théâtre des Mazades - TOULOUSE

Propos

« Strasbourg, été 1518. Dans les rues étroites de la ville et sur les places, des dizaines de personnes dansent frénétiquement au rythme de tambourins, violes et cornemuses. Mais l'atmosphère n'a rien de festif. Les scènes sont même "terrifiantes", écrit l'historien de la médecine John Waller dans The Dancing Plague (éditions Sourcebooks), un ouvrage de référence sur le sujet, paru en 2009.

Propos

Saltarines pourrait être une évolution épidémiologique de ce premier volet. Frau Troffea en serait l’origine, la genèse, le patient zéro de l’épopée.

Cette première étape permet une définition esthétique du projet global, la construction d’un propos et le développement d’états de corps pluriels, opposés, harmonieux et contradictoires. Saltarines est le résultat d’une contamination de cette matière développée sur Frau Troffea.

À la fois objet chorégraphique et endroit d’expérimentation, Frau Troffea fait référence au queer. Ce principe d’absence de hiérarchisation entre les genres, Marie-Hélène (désormais Sam) Bourcier, sociologue, chercheure et maître de conférences à l'université Lille III, le développe dans ses travaux de recherche concernant les champs du féminisme : transféminisme, gender studies, trans studies, queer studies, post-colonial studies et porn studies…

Frau Troffea est une pièce-documentaire où pluralité des genres et multiplicité des comportements marginaux viennent questionner les règles, troubler la convenance, provoquer le bien-pensant et rencontrer l’appréhension des différences assumées.

Frau Troffea pose, par son approche, une élaboration d’états de corps des plus sophistiqués aux plus quotidiens, aux plus informels, aux plus abandonnés. Portés au cœur d’une construction singulière, ceux-ci pourront être transformés, puis triturés, et poussés à destruction, révélant à la fois épuisement et libération, délivrance et satisfaction.

Ce sont tout autant le corps et son vocabulaire, les mots et le discours qui donneront un sens subjectif et éphémère, pouvant être contredit et délaissé l’instant d’après. Une succession de contraintes syncopées, une escalade d’attitudes à la fois sincères et surjouées, inachevées et abouties ; un conflit des pensées, des corps, du verbe et de la danse. Une escalade qui offre un rythme évolutif, progressif et incessant, poussant l’interprète et l’idée à l’extérieur de leurs propres limites. L’issue de cette ascension nous mènerait vers l’épure, vers une simplexité des états, une acceptation du genre, sans convenance, sans a priori.

Un objet politique et sociétal qui interroge l’être femme ou homme, hétérosexuel, homosexuel, transsexuel, transgenre, pansexuel, gender fluid… « Un archipel des genres ».

Distribution

Conception et chorégraphie : Samuel Mathieu

Chorégraphie et interprétation : Martin Mauriès

Création musicale : Maxime Denuc

Création Lumière : Arthur Gueydan

Régie générale : Jean-François Langlois

Photos : Angélique Lyleire

Genre : Danse

Durée : 45 minutes

TARIF C // PASS DÉCOUV

ACCÈS CENTRE CULTUREL THÉÂTRE DES MAZADES : Métro : ligne B - stations Minimes-Claude Nougaro - Bus n°27 : arrêt Mazades

Coproducteurs

Accueil Studio CCN Malandain Ballet Biarritz
Accueil Studio CCN de Roubaix
Accueil Studio CDCN La Place de la Danse
Résidence Lumière Le Bateau Feu Scène nationale de Dunkerque

Parcours

Nourri par son parcours d'interprète aux côtés de Régine Chopinot, Jean-Claude Gallotta, Robert Seyfried et Tomeo Vergés, Samuel Mathieu fonde sa compagnie en 2001 et fait ses débuts de chorégraphe. Interprète dans ses propres pièces, il signe également la bande son, la scénographie et la vidéo. En 2004, il crée et interprète Est-ce-O-Elle-O-solo, puis une série de pièces de groupe dont Us-Band et Go on !, dans lesquelles il instaure avec ses interprètes une relation de complicité.

À partir de 2008, son désir de partager avec des artistes étrangers, de voyager et de se nourrir d'autres cultures le mène tout d’abord en Allemagne, au Théâtre Vorpommern, où il chorégraphie Nord-Reich-Nord. Cet essai pose des principes d’écriture qui sont déclinés la même année dans Yan, un projet franco-chinois mené en France, puis au Japon en 2009 avec Généric-X.

« L’écriture des partitions chorégraphique et musicale devrait générer non seulement un entremêlement des disciplines et de leurs processus, mais aussi une rencontre déterminante en vue d’un objet commun qui exploserait le code et ferait place au corps… ».

Dès 2010, Samuel Mathieu invite le compositeur Maxime Denuc à réfléchir sur le lien musique-danse. Il propose deux projets autour du voyage d’Ulysse : Boutès puis L'Homme qui plonge pour lequel il est accompagné sur scène d'un quatuor à cordes. Suit la pièce Les Identités remarquables, une épopée portée par neuf interprètes en référence à L’Odyssée, qui devient l’œuvre magistrale de ce triptyque.

« Une pièce où la dramaturgie vient des corps. Aller au bout du mouvement, de façon solidaire, ne pas le contourner, bien au contraire ; tout en le partageant, le malaxer, le questionner, et le confronter pour en extraire le jus d’une universalité, d’un engagement physique ».

C'est dans cette continuité d'écriture, autour de l'engagement du corps, qu'en 2014 il signe R, une pièce pour 8 danseurs. Il revisite pour l'occasion une danse du sud-ouest, le rondeau, et l’interroge dans son contexte pour en extraire l'essence d'une nécessité.

Parallèlement à cette danse d’emphase, Samuel Mathieu mêle pour la première fois, en 2013, danse et arts numériques dans une pièce destinée au jeune public et inspirée des œuvres d'Yves Klein et de Pierre Soulages : La Dynamique des émotions.

Pour les pièces Monstres (2015) et Assassins (2016), créées respectivement en Lituanie et aux Pays-Bas, le chorégraphe creuse l’idée politique et décide de poser sur le plateau la question du pouvoir.

En 2017, dans Guerre, Samuel Mathieu fait le lien avec de nouveaux horizons, ouvre son propos aux arts du cirque et aux arts plastiques en mêlant l'œuvre d'Yves Klein aux enjeux de la scène.

Agenda

2019