US-BAND
US-BAND

US-BAND

Quatuor d'hommes - Reprise de la création de 2004

Propos

En 2004, Samuel Mathieu créait Us-Band, inspiré d'Husband de John Cassavetes, un quatuor sur l'intimité masculine, histoire virile de 4 compagnons de route. A l'instar du film où il est question de retrouvailles,
l'enjeu de la reprise d'Us-Band est de revivre ce compagnonnage 10 ans après. On y retrouve ces 4 mecs, marqués par le temps, déployant une puissance physique, une force, qui laissent place à une sensualité, une fragilité. Une interrogation sur l'éternel masculin.

Propos

En 1971, dans son film “Husbands”, John Cassavetes mettait en scène les états d’âme de trois copains convoqués à l’enterrement d’un quatrième à la manière d’une déambulation à l’intérieur d’une crise dans l’âge d’homme.Le spectacle de Samuel Mathieu obéit aux mêmes ressorts dramaturgiques en présence directe avec le public. Ce que le cinéma conserve, le spectacle le révèle et il fait événement dans l’exposition d’une agrégation d’individus et dans leur singularité.Il fallait donc quatre interprètes solides, quatre solitudes rassemblées dans cette entreprise de strip-tease déplacé, sans autre motif que de donner en partage l’accablante vanité de se croire unique et le triomphe pitoyable et proclamé de s’associer dans une existence commune (la bande ou le boys band). Dans cette partition à quatre, la parole cède ici sa place à une figure chorégraphique récurrente résumée dans la prise : prise d’espace, véhémente et frontale à plusieurs reprises, plus discrète dans le tracé de l’intimité ou le suivi de l’inavouable de l’état de solitude, prise de corps aussi, on s’attrape beaucoup chez ces garçons et dans une grande variété de procédures gestuelles de contact. Dans cette captation permanente du corps de l’autre, le poids devient mesure du temps et les âges différents des quatre interprètes se mesurent à leur capacité à littéralement peser sur l’autre.

La sentimentalité un peu pathétique, voire ridicule des hommes ivres de Cassavetes, prend ici une autre dimension dans l’épuisement des quatre interprètes défraîchis assis autour du ring au cours d’une pause incongrue au mitant de la pièce, pause au cours de laquelle chacun se reconstitue comme à la mi-temps du match, boit un peu d’eau et laisse flotter son regard sur le partenaire ou l’adversaire. Ensuite, on regardera encore les hommes tomber, titubant drôlement dans une langue héroïque et martiale pour se ramasser ensemble dans une séquence finale au bord du plateau, comme poussés dans leur ultime retranchement. Alors, à quoi songent les hommes dans le négligé de leur intimité ? A l’éternité peut-être, telle qu’elle évoquée par l’acte d’amour suggéré, « façon trash » par la bande–son, à l’éternité peut-être.

Annie Bozzini

Distribution

Conception et Chorégraphie : Samuel Mathieu

Créé avec et dansé par : Lionel Bègue, Jérôme Brabant (Martin Mauriès en double cast), Christophe Le Goff, Samuel Mathieu

Conception sonore : Samuel Mathieu

Création Lumière originelle : Olivier Balagna

Reprise & adaptation lumière : Cyrielle Labarbe

Durée : 55 minutes

Photo : Pierre Ricci

Coproducteurs

Maison de la Culture D'Amiens
CDC Toulouse Midi-Pyrénées
Cap Découverte
La Scène Nationale d'Albi

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