CIE APPACH

GRÂCE
Aux confins du sursaut

Coproduction

Propos

Une obsession m’accompagne depuis quelques années : capturer le spontané, écrire précisément ce qui semble être anodin, fragile, imprévu, créer des partitions de mots, de gestes et de partenaires fantômes qui permettent de faire resurgir des accidents chorégraphiques, envisager le mouvement comme une succession d'erreurs que l'on rattrape avec virtuosité.
Dans Olo, un concert de danse, ma dernière création, le procédé d’écriture automatique a agrégé tout un tas de styles de danse, d'élans émotionnels et de mouvements involontaires.
Avec Grâce, je souhaite resserrer mon étude sur ces deux derniers types de motifs gestuels : les élans émotionnels et les mouvements involontaires.
La surprise provoque des réactions et des mouvements qui nous échappent : sursauts, rires, montée du diaphragme, contraction des muscles, flexion de la nuque, fermeture des paupières… Autant de mouvements réflexes et involontaires à observer, reproduire, déformer et assembler.
Grâce pourrait être une étude chorégraphique du sursaut.

Propos

Nous devrons trouver des stratégies. Les danseurs s'entraîneront à être surpris. Le cerveau étant une machine à minimiser la surprise, nous faudra-t-il apprendre à gommer nos anticipations naturelles pour stimuler la surprise ?
Assistera-t-on à la cause de la surprise ou seulement à son effet, ou bien aux deux à la fois dans une temporalité et un espace déformés?
Si le temps de la surprise semble de prime abord extrêmement bref, selon la philosophe Nathalie Depraz, cette crise, cette rupture est à envisager avec le moment d'attention qui la précède et la résonance ou le rebond qui la suit. Selon elle, sans attente, il n'y a pas de surprise et l'après-coup qui la suit déploie cet instant. L’étude de Nathalie Depraz sur la dynamique de la surprise nous ouvre des pistes de recherches chorégraphiques sur l'avant, le pendant et l'après surprise.
Et si nous envisagions une musicalité de la surprise ?
Et si nous disséquions la dramaturgie du sursaut ?
Le sursaut est un réflexe primitif et non-volontaire. On sursaute pour se protéger, pour combattre le danger. On sursaute pour rester vivant.
Le sursaut serait-il une inversion de la chute, un doigt d'honneur à la mort, une anti vanité ?
Car au delà de l'enjeu purement physique, faire un gros plan sur la surprise c'est aussi mettre en lumière ces instants de grâce où les gens sont beaux simplement parce qu'ils font ce qu'ils peuvent pour rester en vie.

Si Grâce s'envisage comme un agrégat de nos élans physiques involontaires, le projet vise à les mettre en lumière et en valeur. J'aimerais que Grâce soit beau.
Pourrons-nous ainsi dilater, rendre visibles et spectaculaires ces instants de grâce ?
Enfin Grâce tentera d'ouvrir les portes de nos lapsus chorégraphiques générés par la surprise afin d'y découvrir... peut-être les trésors d'imaginaires qui s'y cachent.
Nos sursauts pourraient-ils être de micros-poèmes à déployer ?

Distribution

Chorégraphe : Cécile Grassin

Interprètes : Blandine Pinon et Cécile Grassin

Dispositif son et lumière : Xavier Coriat

Scénographe, plasticienne : Sophie Cardin

Regard extérieur, assitant.e chorégraphe : en cours

Créateur lumière : en cours

Photo : Loran Chourrau

Coproducteurs

Coproductions : Collectif En jeux Occitanie, la Plateforme Cie Samuel Mathieu / coproductions et accueils en résidence :
Théâtre le Vent des Signes (31), Faits et Gestes (46), / Soutiens et accueils en résidence : Le Théâtre des 2 Points, scène conventionnée d’intérêt national Art Enfance et Jeunesse à Rodez (12), le Théâtre de Cahors (46), l’ADDA 82, Scénograph, scène conventionnée théâtre et théâtre musical (46) Ce spectacle reçoit le soutien d'Occitanie en scène dans le cadre de son accompagnement au Collectif En Jeux.

Parcours

CÉCILE GRASSIN
Après s’être formée au conservatoire de Nantes, à l’ESDC Rosella Hightower à Cannes et au CDC de Toulouse, Cécile approfondit ses recherches en tant qu'interprète lors de multiples stages. Quelques rencontres sont particulièrement marquantes pour elle : Odile Duboc, Toméo Vergés, Johanne Saunier ou encore Sophie Perez et Xavier Boussiron. Au ‐ delà de la recherche pure sur le mouvement, Cécile s’aperçoit que ce qui la meut c’est d’être interprète. Partitions, chorégraphies, textes, corps, voix, espaces, matières physiques et plastiques… tout est élément à mettre en jeu. « L’interprète est meuble. C’est un meuble à tiroirs. Ces tiroirs je veux les ouvrir et y farfouiller. Je veux jouer ! ».
Ainsi entre 2004 et 2011, elle est interpète pour Flora Théfaine, Laura Scozzi, Alexandre Fernandez, Hervé Taminiaux, Emilie Labédan, le petit cowboy. Entre 2010 et 2015, elle travaille pour Sylvain Huc (Cie Divergences) en tant qu’interprète et assistante sur plusieurs spectacles.
En 2016, elle prolonge ses reflexions et créée Cabinet de Curiosités, performance pour laquelle elle s’enferme dans un aquarium avec des escargots. Le public est-il curieux (polysémie du mot) ?
Cette même année, elle commence à « non créer » OLO. Effectivement, c’est sans décider de créer que cette proposition commence à voir le jour. En 2017, nait APPACH = Art Performatif Poétique Aléatoire CHorégraphique, la structure qui portera ses projets. Cécile choisi d’implanter APPACH dans le Lot. Ce positionnement lui tient particulièrement à cœur et fait sens dans son travail qui repose sur l’interaction avec le public.

Contact

APPACH
Rue des Treilles – 46 250 Goujounac

cieappach@gmail.com